Quand Leto se resserre.

Chapitre débuté par

Chapitre concerne : Piqure, Un groupe de gens, L'épopée Transylvanienne,

Sur le front une infirmière militaire ne néglige aucun des soins dont les soldats peuvent avoir besoin.

C'était devenu une guerre d'usure.
Ce qui aurait pu être une belle et grande bataille où chacun se serait distingué par son courage, sa vaillance, son audace ou son habileté, s'était transformé en une guerre mesquine, où l'ennemi fuyait, attaquait dans le dos, mais jamais ne faisait face.

C'était à qui aurait les nerfs, qui lâcheraient en premier.

Et l'avantage quand on est une infirmière psychopathe complètement déconnectée de la normalité, c'est qu'on a pas les nerfs qui lâchent facilement.
Non. Elle tiendrait encore bien des lunes, et aiderait les autres à tenir, si toutefois, et c''était peu probable, leur ardeur venait à se tempérer.


Cela aussi, faisait partie des soins qu'elle prodiguait aux soldats sur le front.
Ca et la distribution du philtre d'amour hérité d'une déesse oubliée, qui leur avait à tous permis de redoubler d'enthousiasme dans leur intimité commune, si particulière.

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L'alliance incompréhensible et ridicule du gardien de l'ancienne New-Génésis et de celui qui avait condamné la communauté, soustrayait encore et toujours, par une interminable fuite, une certaine anglo-saxonne, des mains de la soigneuse qui comptait bien faire progresser la science grâce aux expériences qu'elle mènerait sur la toxicomane insipide.
Qu'à cela ne tienne, elle faisait contre mauvaise fortune bon cœur, en affûtant ses techniques de combat au corps à corps, pour ne rien laisser au hasard lorsque le jour serait venu.

En attendant, la petite troupe dont elle faisait partie ne relâchait pas la pression.
Grignotant systématiquement toute personne laissée en arrière, ou envoyée seule, pour les surveiller, par les prétendus guerriers qu'ils traquaient et qui tour à tour couraient et se retranchaient des dans villes pas si imprenables, qu'ils avaient soin de quitter avant qu'on ne puisse venir les y chercher.

Le brouillard qui était tombé faisait leur affaire : épais, inquiétant, presque palpable, il leur garantissait une nouvelle couverture tout aussi efficace que théâtrale.

C'est le Shérif Abdoulaye, qui de loin avait aperçu le prêcheur autoproclamé, venu les surveiller, tapi dans une plaine où il s'était cru seul.
C'est l'infirmière qui avait décidé qu'il était temps d'en finir avec cet espion-là.
C'est le vaillant Jake Fratelli, qui avait offert son aide à la jeune femme pour abattre le sale boulot.

C'est le Comte Von Krakoug qui s'était réjoui de pouvoir assister à pareille victoire.

Cinq d'entre eux étaient restés en arrière, il n'y avait pas besoin d'être plus de deux pour régler cette histoire.


"Monsieur Leto, je suis l'infirmière Piqûre, je vais prendre en charge vos soins, et vous accompagner jusqu'à la fin de l'intervention."

Elle était sortie de la brume, juste derrière lui.
Jake l'avait pris à revers, il était bien encadré.
Pour lui ôter toute volonté de fuir, elle lui coupa la retraite en lui braquant violemment sa carabine entre les deux yeux.

"Afin de me permettre d'assurer votre sécurité, je vais devoir vous demander de ne pas bouger."

D'un coup sec, donné du bout du canon de son arme, elle fit sauter les lunettes avec suffisamment de force pour qu'elles aillent se perdre dans la prairie.

"Vous n'aurez plus besoin de ça désormais.
Je serai vos yeux.

Laissez moi vous raconter ce que vous devriez voir :"

Comme on décrivait le monde aux aveugles dans les films d'autrefois elle entreprit de lui décrire son environnement immédiat d'un ton badin et chaleureux.

D"errière vous, se trouve le brave et vaillant Jake Fratelli. Il a fort bonne mine, et une bien fière allure, il faut dire qu'il a bien récupéré depuis le jour où votre maîtresse Siobhan l'avait abandonné à une mort certaine sans que vous ne fassiez rien pour l'en empêcher. Monsieur Fratelli est armé d'un sabre de très belle facture, que vous aurez très bien bientôt l'honneur d'expertiser.


A quelques pas derrière moi, se trouve un homme très grand et vigoureux et infiniment digne, d'une force peu commune pour son âge. C'est le Comte Von Krakoug, qui porte un très seyant costume de velours aubergine, et qui vous regarde de son air le plus aimable. En homme bienveillant qu'il est, il vous a pardonné vos piètres tentatives d'intimidation radiophoniques, et même l'odieux harcèlement auquel vous vous êtes livré. Pour preuve : il nous a demandé de prendre le plus grand soin de votre personne.

A ses côtés, un homme à la peau noire et au cœur pur armé d'un pistolet dont l'élégante façon le dispute à la puissance de feu. Monsieur Balt Hazard est vêtu de blanc, et il se chargera d'allumer le barbecue pour le festin auquel nous vous invitons.

Si vous regardiez sur votre droite, vous verriez un jeune homme à la carrure impressionnante, et qui se remet doucement des blessures qui lui ont été infligées par votre compère Jack Génésis, sans que là encore, vous n'ayez cherché à éviter ce carnage. Sa compagne est morte par votre faute, le savez-vous?
Jacky porte un magnifique sabre lui aussi, entre autres armes, il s'occupera de découper la viande.


Enfin, derrière vous tout en charisme et en justice se tient le Shérif Abdoulaye, grand homme de loi que vous avez souvent menacé de vos représailles, et qui se présente aujourd'hui à vous, humblement, pour que vous puissiez abattre sur lui et sur notre ami Lays toute la puissance vengeresse de votre courroux. Hem...

Voilà Monsieur Leto, ce que vous verriez au milieu de la brume, si toutefois vous n'aviez pas égaré vos lunettes.

En un mot comme en cent donc cher ami...vous êtes cerné."

D'un violent et rapide coup de crosse dans la bouche l'infirmière fait sauter quelques unes des dents du prévenu.
Puis, dans un geste presque tendre elle essuie le filet de sang qui coule sur le vieux menton qu'elle serre ensuite dans l'étau de sa main avant d'approcher son visage à quelques centimètres à peine de celui de son "patient"

"Ce que j'essaie de te dire papi, c'est que c'est fini. Tu t'arrêtes là.
Alors on va pas te la jouer Jack G. qui s'y met à six pour tomber une seule femme, non, c'est le beau Jake et moi qui allons prendre soin de toi. Mais si tu essaies de te barrer...tu les vois pas...mis je te les ai décris.

Tu as compris?"



[RP du joueur de Leto]

Depuis quelques lunes, Leto planait à 100.000 pieds, consumé peu à peu par sa crise mystique.

Il continuait malgré tout à protéger ce qu'il pouvait, à prendre tous les risques pour aider les siens, ses amis, son "peuple" comme il disait.

Il avait enfin trouvé des gens qui lui ressemblaient et il était plus que jamais prêt à mourir pour eux.

Comme il l'avait maintes fois fait, cette nuit là, il s'aventura encore seul et sans armes hors du périmètre de sécurité pour mener une mission de reconnaissance en territoire hostile…..


Cette fois, ça ne passerai pas………Son nez de cuistot avait senti arriver de toutes parts l'odeur des chairs nécrosées, et des fluides corporels fermentés….pas de doute.

Jamais l'idée de fuir ne lui vint à l'esprit. Depuis le crash, il n'avait jamais placé la survie au-dessus de sa mission sur terre, ce qui semait fréquemment le trouble chez ses contemporains, pour qui la survie était souvent une fin en soi, et, comble de joie….. il allait mourir en martyr, son voeu se réalisait enfin.

Sans un mot, il écarta les bras en croix, leva la tête vers le ciel, les yeux fermés, avec un sourire béat.

S' il avait été là....

....il aurait peut-être distingué une fois de plus quelques caquettements stériles, semblables à ceux qui s'accumulaient depuis des lunes sur sa messageries et auxquels il ne répondait plus depuis longtemps, lassé du cirque mensonger sans surprise de la bande de funestes clown, il aurait peut-être senti le premier coup se porter sur sa chair…….

......mais il était déjà auprès de LUI.

L'abominable bande avait surgit du brouillard, silencieusement, précédée uniquement de l'odeur de mort qui empestait tout autour d'eux, émanant des restes humains, transportés en macabres trophées autour des ceintures et des épaules, ou encore des sacs de toile de jute aux fonds poisseux d'un sang ocre, dans lesquels s’entremêlaient des morceaux charnus de fesses, de mollets, ou encore de parties génitales goûteuses...

Sournoisement, ils avaient encerclé le piètre espion, avant de se dévoiler à lui, chacun engoncé dans les volutes filandreux de l'épais brouillard. La grande silhouette du Comte était reconnaissable entre toute, malgré la purée de poix qui ne semblait pas vouloir abandonner la région en proie aux exactions et aux massacres... L'aristocrate, requinqué par les dernières transfusions, frottait ses vieilles mains décharnées; mélange subtil entre des doigts délicats de personne peu habituée au travail manuel, et des griffes acérées et crasseuses de bête sauvage.

Leto était là, au centre du cercle mortel... Le vieil escroc irritant de New Génésis, dont les ennuyeuses palabres et amères insultes avaient fortement agacé le Comte, en dépit de sa demande tout à fait légitime de ne plus le contacter sur sa radio personnelle... Mais visiblement, l'ancien diplomate de la ville morte de New Génésis, n'avait pas saisi les subtilités de la diplomatie...

"Leto... Monsieur Leto... Quelle désagréable surprise... Hin hin hin..."

L'affreux Seigneur autoproclamé des lieux n'a pas le temps de poursuivre, que l'impatiente infirmière abat la crosse de son fusil avec force, contre le bas de la figure du malheureux illuminé, dont quatre dents sautent dans un sinistre craquement, au milieu de la pulpe rosée de gencives... A la grande dignité du demeuré, vient se succéder la douleur aiguë du coup violent... Le sang afflue à la bouche, se mêle à la salive, alors qu'il tombe à quatre pattes, pour baver un mélange d'émail, de sang, et de bave...

La soigneuse ne lâche pourtant pas l'affaire... Dénuée de toute humanité, elle s'accroupit au niveau de Leto, empoigne entre ses doigts forts la mâchoire douloureuse et abîmée, pour lui demander d'avoir l'amabilité de ne pas fuir; de ne pas gâcher l'odieux spectacle en préparation. Von Krakoug, lui, aux premières loges de l'exécution, semble déjà ennuyé par l'ex dignitaire de New Génésis... Celui-ci était assommant sur les ondes, irritant dans les radios personnelles, et n'avait même pas le savoir-vivre de mourir avec une once d'amusantes suppliques. Quelques gargouillis, une quinte de toux et un crachat de sang... Mais pas d'avilissante volonté de vivre; pas de pleurs, pas de cris... Même pas de perte du contrôle de ses sphincters.

Rien pour satisfaire les besoins sadiques de celui qu'ils appelaient tous dans un mélange de haine et de mépris "le vampire". Agacé, l'aristocrate siffle entre ses dents, de sa voix rauque et sinistre :

"Mademoiselle Piqûre, Monsieur Fratelli... Tuez-moi ça. Rapidement. Avant que nos oreilles fatiguées n'aient à subir l'ennui d'une longue litanie illuminée."

Abdou jubile, visiblement de très bonne humeur, il s'approche de la scène en sifflotant et prend une photo.



Alors LEEEETOOOO? où qui sont les chiens qui d'vaient t'ram'ner nos têtes?

L'infâme shérif émet quelque chose entre des gloussements et des grouinements avant d'éclater franchement de rire.

Ca fait quoi d'êt' L'UNIIIIIIQUE responsab' d'la mort d'presque tous tes concitoyens?