Ersatz électronique

Chapitre débuté par

Chapitre concerne : T-800,

"C'est bientôt prêt !" entonne Gyna la maîtresse de maison.
Son mari, Albert, est calé dans son canapé cuir de vachette véritable, position détente, la télécommande en main. Il zappe tranquillement, cherchant désespérément à ce que l'écran plat puisse le distraire.

"C'est aujourd'hui que ça se passe. Demain, c'est maintenant ! s'énerve une femme lors d'un talk-show.
- Mais non, vous dramatisez Mildred. On a jamais vu ni entendu de pareilles sottises !"

Le présentateur au sourire parfait ridiculise son invitée connue par les médias pour être une illuminée. Mais comme la dite Mildred fait toujours monter l'audimat à cause de ses bourdes, elle est devenue la carte à jouer pour les présentateurs en chute.

Albert le sait bien. Du coup, par sympathie pour le journaliste, il se dit qu'il peut bien se distraire en écoutant les salades de la vieille blonde invitée.

"Bien sûr que si. Les statistiques montrent une hausse des divorces. Et une baisse des unions. Des hommes de tout âge cassent de plus en plus leur tire-lire non pas pour une voiture puissante, mais pour s'offrir un T-800 ! La dernière série a tous les modules pour remplacer une femme, même si certains sont payants.
- Et l'amour dans tout çà ! Mildred, voyons !
- Les T-800 ont un simulateur d'humanité très bluffant. Je vous mets au défi de faire la différence entre un droïde et un humain lorsque cette fonctionnalité est activée ! Les ingénieurs ont fait un très très gros effort sur ce point.
- C'est absurde ! Haha ! Les T-800 ne peuvent pas avoir d'enfant de toutes façons ! Haha !
- Certes. Mais quel intérêt d'avoir un enfant, qui prendrait toute l'attention de sa mère ? Là, au moins, le T-800 n'a aucun désir d'enfant, et par conséquent, ne risque pas de se détourner de sa tâche première : s'occuper du bien-être de monsieur !
- Mais il y a des hommes qui veulent des enfants !
- Bien entendu, dans ce cas, ils adoptent. Le T-800 a un module optimisé pour garder les enfants, les éduquer, les distraire, adapté à chaque âge. Ce robot n'a pas besoin de dormir, donc quand tout le monde se repose, il fait les tâches ménagères...
- Incroyable ce que vous nous dites ! Vous avez des exemples de couples mixtes comme cela ?
- Oui bien sur. Souvent d'ailleurs, c'est lorsque les enfants arrivent, que le couple a du mal à gérer ce moment difficile, que l'homme un peu délaissé offre à son épouse un T-800.
- Et alors ? C'est plutôt gentil !
- Oui c'est vrai. Du moins au départ. Puis ensuite, la femme a du mal à retrouver sa forme, elle est parfois fatiguée et stressée... Le mari voit le soir le corps sublime du T-800 se promener partout dans l'appartement sans jamais faiblir.... Vous n'êtes pas sans savoir que ces droïdes ont un programme sexuel très avancé ? Il est payant, mais franchement, même les prostituées ont du souci à se faire !
- Et bien... J'avoue que cela nous laisse un peu perplexe ici, ce que vous nous dites Mildred. Vraiment, nous aimerions que vous donniez vos sources... !
- Bien entendu ! Mais le pire là dedans Richard, c'est que les hommes ainsi vont enfin réussir à se passer des femmes. Pendant tous ces millénaires, nous pensions que c'était l'inverse, que les femmes n'auraient plus besoin des hommes, mais finalement l'homme a réussi à trouver un remède à sa dernière faiblesse !
- Mais ils auront toujours besoin des femmes pour leur utérus.
- Quel bel avenir n'est-ce pas ? Monnayer son utérus, voilà la seule et la dernière utilité que peut être un jour aura la femme..."

Albert regarde son épouse mettre la table. Il lui sourit bêtement, et elle lui répond de même. Depuis combien de temps ils n'ont pas eu de sexe ?

"... Après, on peut tout imaginer. Sans structure familiale, plus de société. Et sans société pour policer tous les êtres humains... Plus d'être humain ?.."

Il coupe la télévision.
C'est prêt.

Il se lève et vient caresser le cul de sa femme.

"Je couve un truc depuis deux jours... Je ne me sens pas très en forme..."

Il ne relève pas. Et les deux époux s'installent à table pour manger en silence.

Gyna est sortie avec ses copines ce soir.

Voilà des mois que Albert se retient de télécharger ce fameux module dont tous ses collègues parlent au boulot : Le SexyParadise. Mais ce soir il en peut plus.

Alors que le T-800 finit de ranger la cuisine, il l'appelle.

"Tricia ? Tu peux venir ? Mets toi dans l'ordivalise, j'ai une config' à faire.
- Bien sur Albert, j'arrive."

Elle finit de s'essuyer les mains et met le torchon dans le panier de linge sale, avant d'arriver dans sa tenue de soubrette, bien convenable et de s'asseoir dans une malle métallique, suffisamment longue, large et haute pour recevoir ce modèle de droïde d'environ 1,70m. A l'intérieur du couvercle, un écran illumine le visage de la bonne à tout faire d'un autre genre.

Albert, à l'aide d'un clavier sans fil commence à fouiller les menus disponibles, valide, sort sa carte de crédit pour en taper le code...
Le module SexyParadise se charge dans la machine-femme alors que la gorge d'Albert se dessèche d'excitation. Ça faisait des années qu'il avait pas eu l'impression de faire un truc aussi palpitant. Fini les pornos en douce sur le smartphone. Il est l'heure d'entrer dans l'air du temps.

La barre de chargement disparaît, et on l'invite à activer de suite le module SexyParadise. Ce qu'il fait sans tarder.

"Que puis-je faire pour vous, Albert ?"

Sa voix de miel, si douce et toujours attentive à leurs besoins le fait frémir plus que jamais ce soir.

Il sélectionne parmi les scénarios proposés celui du voyeur. Il n'ose pas parler pour donner directement ses commandes à voix haute.
La synthétique se lève alors, et d'un pas langoureux, se dirige dans la salle de bain.
Pas besoin d'attendre longtemps avant d'entendre l'eau de la douche couler.

Il s'avance dans le couloir, dans le sillon de ce parfum enivrant dégagé par sa petite bonne électronique. La porte est restée entrouverte, et il peut voir par terre les vêtements sombres jeté nonchalamment sur le carrelage. Puis le corps flou de l'objet de ses désirs, derrière la vitre embuée de la douche. Parfois son cul se colle au carreau, puis disparaît en laissant une empreinte d'eau dégoulinante.

Il avale sa salive. Pousse la porte sans bruit. Se déshabille sans hate, pour maitriser sa nervosité.

Ne pas penser à ce vagin vibrant, bardé de roulement à billes pour masser sa bite. Ne pas penser qu'il risque de prendre son pied avec la plus bandante reproduction féminine de tous les temps.

Respire. Se regarde dans la glace mais ne prend pas la peine de rentrer son ventre.

Ouvre la porte de la douche, y découvre le visage humide et surpris de son T-800, une expression radieuse, ses cheveux longs collés à ses reins, ses fesses arrondies et cambrées.

C'est par derrière qu'il prend et plaque sa partenaire en peau de latex contre le mur de la douche, sur un fond musical émanant de ses pores...



...

C'est par derrière qu'il croque sa poupée docile, articulée et pas si inhumaine à entendre ses soupirs si bien rythmés, à entendre ses mots doux et salaces à la fois.

C'est qu'il aime ça. Et elle aussi.




Rudolf rentre chez ses parents, sans sonner. Il va directement fouiller le porte-feuille de son père qui traîne sur le bureau du salon. Il en retire tous les billets, et les fourre dans sa poche arrière de jeans.

Sa dégaine fait facilement deviner qu'il n'a pas du se laver ni changer de vêtements depuis plus d'une semaine.

Il se dirige déjà vers la sortie quand il entend de la musique venant de la salle d'eau de l'appartement. La porte est toujours entrouverte, alors, il la pousse un peu pour épier. Il voit les habits de son père et ceux de leur bonniche éparpillés au sol.
Des corps s'entrechoquent sous l'eau de la douche. La niaise gémit comme une pucelle.

Il renifle de dégoût et se tire aussitôt.

Depuis quelques mois, Rudolf gagne bien sa vie. Il n'a plus besoin de vivre sur le dos de ses parents, il a trouvé un moyen de subvenir financièrement à son train de vie délirant. Il ne se lave toujours pas très souvent, mais il peut changer de vêtements tous les jours, et s'adonner à sa passion, les courses sauvages de voitures.

Il est toujours à l'heure au boulot, et ses clients l'adorent. Ils l'appellent Rude, avec un petit rictus envieux et presque reconnaissant.

Aujourd'hui, d'ailleurs, ils les a tous convié à une de leurs réunions secrètes en fond de cave. Chaque client, des connaissances du quartier, arrive et lâche un gros billet pour entrer dans la cave de l'appartement 3B.
Ils déposent leurs bouteilles et leur came dans un coin, certains déboutonnent déjà leur jeans couvert de crasse.

Ils sont tous autour de Tricia, comme une meute encercle un animal qui deviendra sa proie. Ils ouvrent leurs bouteilles, boivent et l'arrosent en même temps. La bonne de Albert et Gyna a mis sa plus belle lingerie en latex pour que ça cadre avec le décors composé de quelques vieux matelas moisis posés en sol ou contre le mur.

Rude compte les billets, puis satisfait de la somme, il ferme la porte à clef pour que la séance puisse commencer. Tricia se met à quatre pattes et ondule comme une chatte en chaleur. Ses lèvres de rubis s’entrouvrent, une musique s'en échappe.



S'en suit une danse improvisée, exécutée le plus souvent tout contre les clients de Rude. Ils l'embrassent à tour de rôle ou se branlent. Mais cela ne dure pas plus de quelques minutes. Bientôt l'un d'eux l'attire à lui par les cheveux, les autres alors se fondent sur elle dans une tournante de sexe violent.

Et si Rude bande, ce n'est pas pour la beauté de la scène, non, mais bien pour le fric qu'il se fait grâce au joujou de son père qu'il réussit à emprunter en le menaçant de tout raconter à Gyna sa mère.

Alors que Tricia est déjà tachée de sperme ci et là, Rude crache sur le visage aux expressions toujours plus lubriques de la droïde.

Il se tourne pour s'installer dans un coin, son lecteur mp3 branché à fond dans les oreilles pour ne pas entendre davantage la chienne électronique en redemander.

Encore, et encore.