La prise sans heurts du Camping.

Chapitre débuté par

Chapitre concerne : lecamping, L'épopée Transylvanienne, Comte Von Krakoug,

L'enceinte du Camping se substituait maintenant aux portes brûlées de Vent-Couvert, devant lesquelles, exposées aux quatre vents, trois carcasses finissaient de pourrir, empalées sur des pieux grossièrement taillés. Personne n'avait eu la décence de venir offrir aux trois sorcières une véritable sépulture, et le vieil enculé malfaisant s'était félicité de l'oeuvre macabre qu'il avait offerte, lui, le Comte Von Krakoug, à la bienfaisante mère Nature. Pourquoi ne pas renouveler l'opération devant la communauté voisine? De nouveaux pieux, de nouveaux anus, de nouvelles offrandes à allez savoir quelle divinité cruelle et sordide...

Alors en armes, la troupe s'était mise en route. La troupe moins un : Johnny ne s'était pas réveillé ce soir là, et c'est sans l'appui du guerrier légendaire que le Comte et le reste de ses ouailles étaient arrivés devant le Camping : une maigre clôture de bric et de broc enfoncée un peu plus profondément dans la forêt que Vent-Couvert. Quelques tentes éventrées, quelques bâtiments de fortune, dressés dans l'obscurité du bois... Religieusement, Knudd le blond taciturne et Piqûre l'infirmière traînaient chacun par un pied, sur le sentier chaotique, la dépouille mortelle du compagnon perdu, qui perdait un morceau de plus à chaque choc sur le parcours, contre les pierres, racines, et autres irrégularités du terrain.

La sorcière quant à elle, toujours engoncée dans ses fripes puantes, éclairait de sa torche le chemin de la damnation, en traînant derrière elle le lourd cercueil cerclé de chaînes, que sans son second homme fort, l'aristocrate ne pouvait plus utiliser comme un trône de guerre... Et rien. Rien ne se produisait, le long de l'étroit sentier qui menait aux portes du campement avancé. Portes d'ailleurs grandes ouvertes, en aimable signe de bienvenue.

"Soyez prudents, amis... Nous sommes en droit de nous attendre a un accueil plutôt glacial, au vu des circonstances... Hun hun hun hun..."

Un accueil glacial; il ne croyait pas si bien dire : point de volées de flèches, de cailloux, ou de projectiles divers et variés, sur les figures sales des aventuriers cueillis au dépourvu. Non, rien de tout cela. Juste un coin de forêt abandonné à la hâte. L'exploration des quelques bâtiments entièrement vide ne laissait aucun doute quant à ce qu'il s'était passé ici : les habitants avaient fui dans la précipitation. Au sol quelques bricoles témoignaient de la débandade organisée, mais dans le grenier du patelin, rien n'avait été laissé. Pas un grain de blé, pas une gourde d'eau potable...

Alors les sinistres avaient pris leurs aises. Dans le bâtiment central, une cabane faîte de rondins de bois sommairement empilés et de matériaux de récupération divers et variés, on avait installé une large planche sur des tréteaux de fortune. Par dessus, on avait déposé avec précaution le corps du défunt compagnon. On avait déballé dans l'intimité de la pièce quelques trésors trouvés dans des épaves sur la route, que le vent avait découvertes en soulevant les feuilles mortes, le sable et les poussières. Et on s'était préparé à recevoir une éventuelle contre attaque, en poussant du mobilier déjà bien branlant contre les fenêtres et la porte. Les armes à feu avaient été chargées. Il n'y avait plus qu'à attendre...

Dans un silence de mort, cinq vivants autour de la table observaient le corps raide, abîmé et couvert de poussières et de souillures, de Johnny B-Good. Sa mâchoire crispée maintenait serrées ses maigres lèvres violacées, et ses yeux opaques s'enfonçaient au fond d'orbites profondes et sombres... Au deuil encore frais de Monsieur Citron venait s'ajouter celui-ci...

Digne dans ses atours poussiéreux et sanglants, le Comte brisa alors le silence de mort qui régnait sur la troupe. Le visage émacié et grisâtre semblait se vouloir draper d'un air cérémonieux.

"Amis, compagnons fidèles qui malgré les tempêtes, les deuils et les chagrins, n'avez cessé de me suivre; plus encore dans la tourmente que dans les prairies fertiles du légendaire Eden, nous voici réunis autour de cette table, pour nous partager la force et le courage de notre regretté compagnon, le très estimable Monsieur B-Good. Tous ici avez prouvé votre allégeance, et avez apporté votre honorable contribution à notre équipée d'aventuriers assoiffés de Justice et de Vérité. Tous..."

La mine du vieil enfoiré se renfrogne; ses sourcils se froncent, alors que son regard fielleux s'arrête sur un membre du groupe : Savannah, la nouvelle venue. Il la pointe d'un maigre doigt accusateur...

"Tous sauf une !" Son regard s'enfonce dans celui de la jeune femme, il continue :"Savannah, femme de bonne foi. A toi de prouver ici même ta bonne volonté, en offrant à notre défunt compagnon les faveurs de miel et de sucre qui l'accompagneront jusque sur l'autre rive du fleuve Styx. Prouve nous..." Aux paroles du vieux demeuré, l'infirmière avait compris où il voulait en venir. Consciencieusement, elle avait commencé à déboutonner le pantalon du macchabée, pour en sortir une verge bleuie, toujours sous le coup de la rigidité cadavérique, mais pour combien de temps encore? Knudd, quant à lui, silencieux, s'était placé derrière Savannah, pour lui couper toute retraite. "...Prouve nous que nous pouvons voir en toi la sœur et la compagne d'arme au service de notre Famille."

A la lueur de quelques maigres torches, dans ce sinistre cabanon du fond des bois, les figures tordues et luisantes de crasse et de sueur d'une bande de meurtriers détraqués fixaient la nouvelle venue, n'attendant qu'un seul acte d'allégeance de sa part : une fellation au sexe bleu et mort qui lui était exhibé par Piqûre...

Une sorte de bizutage? Non... Une véritable cérémonie funéraire dont l'issue pouvait s'avérer mortelle... Le Chef d'Orchestre y veillerait personnellement.

Le silence. A peine brisé par le raclement du cercueil sur le sol poussiéreux et le bruit des cailloux qui lacéraient le corps du mort. Ne pas se réveiller et oublier de manger, si ce n'était pas malheureux. La zombinite l'avait tué, comme tant d'autres avant lui.

Mais on ne lui avait pas vendu du silence !

Elle avait signé pour du sang, de la sueur, du sexe et de la mauvaise humeur !
Et une virée dans un camping étoilé, lieu renommé dans toute la partie est de ce monde dévasté.

Ils remontaient l'allée et passaient les panneaux de l'entrée. Tout un programme. Savannah s'y voyait déjà.

A l'arrivée, passage au bureau pour la remise des bracelets piscine. Port obligatoire pour l'accès aux activité. On nous ferait visiter les installation en voiturette de golf, en faisant signe aux habitués du camping qui possèdent leur emplacement à l'année.

On déballerait les paquetages, et on irait tous ensemble piquer une tête. Knudd se promènerait, en slip poutre apparente, autour du grand bain.
Annabelle prendrait le soleil derrière sa robe noire ajourée pour l'occasion, laissant apparaître un bout de peau sain au soleil, aguicheuse envers le maitre nageur.
Le Comte Von Kouglof ferait des longueurs dans son magnifique maillot à bretelles, revenant de temps à autre siroter sur le rebord un Martini Royal.
L'infirmière s'occuperait des premiers secours à un noyé à quelques mètres de là, fourrant sa langue dans sa bouche, bonus réanimatoire.

Savannah filerait au jacuzzi prendre du plaisir avec un bel éphèbe bronzé et se ferait ramoner la cheminée entre deux bulles, une coupe de champagne à la main.

Oh, la sonnerie annoncerait une partie de beach-volley. Comte et Piqure vs Anna et Sav'. On leur foutrait une sacrée branlée, juste pour gagner l'apéritif.

Le barbecue commencerait à fumer, et nous irions tous nous sustenter.

A la place de tout ça: rien.

Ils traversaient un endroit dénué de tout charme, que jonchaient ça et là des immondices, restes abandonnés à la hâte dans une fuite sans espoir.
Cet établissement méritait juste un bon passage de la DGCCRF et sa fermeture par les services de l'hygiène.

Pas même un comité de bienvenue ni une sono qui dégueulerait un Galaswinda des familles.

A la lueur de la torche ils arrivaient enfin au cœur, au poumon, à la zone de vie de cet endroit désolé. Il était à la hauteur du reste. Une cabane de rondins puante. Le cadavre d'un sans doute valeureux guerrier mort sans combattre trônait là, face à eux. Tous jetaient des regards prudents à l'extérieur. Peut être les GO étaient ils cachés dans les fourrés ?

Heureusement que le Comte était là pour prendre la parole. Dans le cas contraire, on aurait du chanter autour du feu de camp. Totale loose.

Il lui proposait donc d'honorer un mort. A la bouche. Sans aucun espoir de se faire remplir d'un jus aussi sucré qu'âcre. Drôle de coutume.

- Je suis certaine cher Comte Von Carrouf' que cet homme a été un guerrier d'une valeur exceptionnelle.

Tranquillement, elle lui palpait la bidoche, l'air intéressée. C'était il est vrai un joli spécimen.

- Mais moi, je suce les vivants et je bouffe les morts.

Rapide comme un chat, elle jeta sa mâchoire à l'assaut de la verge turgescente. La section fut nette et basale. Du sang poisseux se mit à couler, mi-liquide mi-coagulé, à la commissure de ses lèvres tandis qu'elle mâchonnait la bite.

- Chelqu'un veut 'es boules ? Ch'est bon les boules cha rend viril y'parait.