Concours halloweenesque !




Sortez les citrouilles et les cadavres de vos placards.
Et faîtes-nous peur en étant originaux !


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On dira ce qu'on voudra, mais si on ne fête pas vraiment la toussaint de la même façon d'un pays à l'autre : le voile entre le monde des morts et celui des vivants s'affine pour se déchirer lors de la nuit du 31 octobre. Les monstres, fantômes, llojona, et autres légendes urbaines redeviennent tangibles le temps d'un récit.

 
La question est de savoir dans quel lieu original seriez-vous prêts à nous emmener pour une histoire terrifiante ?
 
 
Les règles sont simples :

I - Ecrire une creepypasta qui se déroule dans un lieu original susceptible de devenir un bâtiment rp in-game non privatisable (qui ne pourra donc pas vous appartenir d'une manière ou d'une autre vu qu'à but uniquement rp/déco de map).

II - Une creepypasta  qui soit assez longue pour être également publiée dans un certain magazine lui aussi in-game.

III - On évite donc les bâtiments que vous avez potentiellement déjà croisés sur la map (hosto, sex-shop, rame de métro, laboratoire...)

IV - Durée du concours :  Du 28/10 au 16 novembre tapante.


Les lots :

1er prix : L'icône du bâtiment rp sur la map + publication dans LGBT MAG + 3 VIP
2ème prix : 2 VIP
3 ème prix : 1 VIP


L'équipe se chargera de trancher. Et dans le cas où elle n'arrive pas à se mettre d'accord, un vote du public sera possible.

C'est clair pour vous ? Alors à vos plumes !


no Attention, on ne floode en aucun cas ce topic. On y poste juste son texte (avec un titre à celui-ci c'est mieux.)
 

 

Les ombres du YWS Diner



L’ambiance est tamisée dans le petit diner américain. Ou plutôt à l’américaine pour être exact. Complètement kitsch pour être franc. Mais l’absence d’électricité a adouci la violence visuelle des néons « Yes we can » mariés avec goût à des « America First ».
Nous retrouvons deux cowboys attablés dans les fauteuils en cuir à moitié éventré. Ils discutent à la non-lueur d’une suspension « Hard Rock Café » en partageant une caisse de bières tièdes découverte sur la route.


« Le crépuscule arrive. Parfait. Il y a quelque chose que je voulais te raconter à propos de ce diner, Timmy.
- Le propriétaire était aussi scandaleuse que son établissement, Frank ? Répond l’intéressé, joueur.
- Justement. Fait Frank, baissant d’un ton comme s’il pouvait y avoir quelque chose d’autre qu’un cafard dans la pièce. Ce n’était pas un enfant de choeur. Oooh non. »


Timmy, la curiosité éveillée, croise délicatement les doigts en regardant son acolyte se lancer. La pièce prend une teinte orangée et les meubles semblent s’étirer délicatement sur le sol tandis que le soleil décroit.

« Ce mec n’était pas vraiment restaurateur. Il avait lancé cette merde pour embaucher de petites serveuses pour des jobs d’été. J’te fais pas un dessin. Et tu as lu l’enseigne ! Le vieux pervers queutard. Mais personne ne voulait d’histoire dans le patelin. Ils étaient… old school. Fille violée, mariage raté. Ils préféraient que leur pauvre gamine se retrouve en psychanalyse pour dix ans… Sauf qu’un jour ! l’une d’elle a pleuré sur l’épaule de ses copines une fois de trop. Toute la jeunesse du village s’est montée le bourrichon et le loustic s’est fait découper la chique au sécateur. Il s’est vidé de son sang et ‘l’est mort. Les gens l'ont laissé pourrir trois longues semaines avant d'appeler la police. Quand ils sont arrivés, les rats avaient repris ce rade depuis longtemps et refait la déco. »

Frank montre le sol. Celui-ci est un peu poisseux de manière générale mais avec la lumière rasante, une trace plus sombre se distingue. Quant aux ombres des luminaires, elles prennent des formes inattendues…

« Frank, les ombres sont vraiment étranges, qu’est-ce que tu as mis dans ma bière ?
- Rien Timmy je… Ne… Ne regarde pas ! S’exclame Frank soudainement paniqué et venant poser sa main sur les yeux de son compagnon.
- Euh. C’est bon Frank je tourne un peu, j’ai cru voir une grosse b…
- Tu n’as rien vu du tout ! S’exclame Frank. Il pourrait nous entendre. »


Au crépuscule… Ne regarde pas les lanternes. Si elles t'apparaissent comme un mât à gland, le diner tu dois quitter. Car c’est toi qui sera la poularde, quand le fantôme va fourrer !

« J’étouffe un peu Frank. Ahh…
- Ca commence ! Viens Timmy, avant qu’il ne te pousse des nichons !


L’intéressé décroche subitement et regarde son compagnon, l’air coquin.

« Si c’était juste pour que je fasse la fille, il fallait demander.
- Tssk ! Viens on décolle ! »

 

- L’Éclat du Gardien -
 


Il fut un temps où l’histoire de Hermann Bergman faisait la une des journaux et des conversations de comptoir. Mais nous avons la mémoire courte et certaines choses deviennent des légendes avant de tomber dans l’oubli.


Hermann Bergman aussi appelé Big-man malgré le fait que l’homme ne dépasse pas le mètre soixante huit est un honnête gardien de phare ; métier qu’il a choisi suite au malheureux naufrage de ses parents l’année de ses huit ans. C’est à vingt trois ans qu’il aménage dans ce qui allait devenir sa maison, le phare à éclat de la Garde à l’extrémité de la pointe des Dames, nom donné du fait de la présence de trois récifs majestueux jaillissant de l’océan au large de la côte.
Le phare de la Garde s’érige sur un bloc de schiste immergé une grande partie de l’année et ressemble à une tour médiévale octogonale de six étages dont les arrêtes fendent la mer. Chaque étage est marqué par une lucarne en bois de petite taille, petites excroissances faisant face aux flots menant vers le sommet crénelé de l’édifice lui même surmonté d’un dôme de verre qui renferme l’âme du lieu, son feu.


Le métier de gardien de phare est un métier solitaire ce qui satisfaisait pleinement Hermann qui effectue les tâches d’entretien et de surveillance avec zèle. Néanmoins il apprécie parfois de rejoindre la côte et de s’arrêter dans le pub local pour siroter une stout épaisse tout en écoutant, tapis dans un coin, le chahut des pécheurs.
Mais une fois l’an venait le jour où Hermann n’écoutait pas les conversations préférant noyer son spleen pour essayer d’oublier que quelques années plus tôt ses parents disparaissaient dans la houle. C’est l’un de ces jours qui marqua l’histoire de Big-man, en 1986 alors qu’il avait un peu trop levé le coude les pécheurs le sortirent de sa torpeur pour le prévenir qu’une tempête arrivait.


Sans perdre de temps le gardien attrapa son vieux ciré élimé, vissa sa casquette sur son crâne dégarni et paya l’addition sans demander son reste. Il tituba jusqu’au quai où son zodiac l’attendait ballottés par les flots mouvementés. Le vent soufflait fort, le ciel gris et lourd menaçait au dessus de sa tête, le moteur démarra au quart de tour et Hermann se précipita en direction du phare contrant les vagues au péril de sa vie.
Après avoir manqué de chavirer et de sombrer face aux assauts des vagues il accosta au pied du phare , sauta de l’embarcation sur la dalle de schiste et, sans prendre le temps d’amarrer le bateau, se hâta sur la lourde porte en bois tandis qu’une vague plus grande que le phare s’avançait vers lui.


Porté par la panique il tira de toutes ses forces sur la porte gonflée d’humidité entendant le grondement de la vague dans son dos, cette dernière s’abattit sur le monument au moment même où le gardien réussi à entrouvrir la porte pour se précipiter à l’abri, apportant dans son sillage un flot salé qui le recouvrit et l’emporta par sa force jusqu’à l’escalier en pierre qu’il heurta dans un grand fracas. Le crâne ouvert ruisselant de sang Hermann perdit connaissance.


À son réveil, la porte était close et il baignait dans une flaque d’eau et de sang. Le tumulte de la tempête s’était arrêté, ce jour-là, par chance, il ne constata aucun dégât et aucun bateau ne s’était échoué, mais Hermann pris de remords s’enferma dans le phare se promettant de ne plus jamais manquer à son devoir et se remis au travail sans relâche.
Mais le destin est parfois cruel et depuis ce jour lorsque une tempête éclatait, malgré le feu du gardien, de nombreux navires s’échouèrent sur les récifs de la pointe des Dames.
Hermann au bord du désespoir continua son travail toujours plus hardiment jusqu’à ne plus fermer l’œil. Après des années de lutte et un énième naufrage, le gardien usé monta au sommet du phare et se jeta dans les flots.


Le choc ne fut pas si terrible qu’il ne le pensait, son corps fatigué remonta à la surface et flotta quelques instants, il en profita pour regarder une dernière fois le phare qui se dressait face à l’océan avant de sombrer ; mais quelque chose l’étonna. La tour depuis laquelle il venait de sauter était brisée, seul les quatre premiers étages étaient encore debout usés par le ressac, la partie haute de l’édifice quand à lui gisait sur le schiste au milieu des flots recouvert par les moules et le varech.
Alors un sourire se dessina sur le visage du gardien, il ferma les yeux et disparu dans les abysses.


On ne retrouva jamais le corps de Hermann Bergman, mais l’on raconte que les jours de tempête au bout de la pointe des Dames l’ont peut parfois voir luire, du haut du phare sans tête, le feu du gardien au plus grand dam des marins en mer...

 


 

L'enfant du turboreact'

Les gosses jouaient depuis déjà deux heures dehors, à travers les dunes qui longeaient la piste sinueuse à destination de Paquesse. Elle leur avait pourtant dit de ne pas trop s’éloigner du road train ; mais il est difficile de faire entendre raison à quatre adolescents aux envies d’exploration trop longtemps réprimées. Une après-midi comme celle-ci, après avoir avalé autant de poussière que de kilomètres, était pour eux du pain béni. Et quand en plus le temps était en clément… Elle secoua la tête, relâcha la pression ; il n’y avait pas grand-chose à craindre, au milieu de nulle part.


 Comme à chaque arrêt, la petite colonie vidait les containers pour s’épandre dans la campagne, à la recherche de trouvailles capables d’égayer les longues et interminables heures de route à venir. Chacun filait sans demander son reste, équipé d’un sac, d’une gourde, et, parfois, d’un bâton renforcé au fer, ou d’un outil dont le poids en faisait une excellente massue. On n’était jamais trop prudent.

Léo, Sam, Klim et H., la plus jeune du quatuor, mais pas la moins effrontée, avaient pris la tangente, alors que les pneus du mastodonte n’avaient pas fini de crisser. En esquivant les monstrueux pots d’échappement, aussi brulant que luisants, sous le soleil de plomb. Après quelques courses poursuites, une ou deux cascades, quelques pirouettes et un baiser volé au creux d’un monticule de sable, c’est H. qui, perchée sur l’une des élévations chaotiques qui agita les bras. Elle avait trouvé quelques choses.

Deux mains se délièrent, un peu honteuse, et les trois garçons fusèrent vers leur cadette. Du promontoire, ils purent contempler ce que ses grands yeux verts n’avaient pas pu manquer : un énorme cylindre dont le tier inférieur semblait enterré.


« Qu’est-ce que c’est que ce truc ?

- Un container de Paquesse ?
- Non, je pense pas, pas si loin de la route.
- Moi je sais ! affirme, bravache le dénommé Sam
Les autres, en cœur : Non tu sais pas !
- Si je sais ! Othis racontait qu’autrefois, on pouvait faire voler les roadtrains !
- N’importe quoi.
- Oué, N’importe quoi ! T’imagine le poids ?
- Hey ! Si que c’est vrai ! Même qu’il a dessiné, et que sur les côtés, y avait un truc comme ça.
- Arrête tes conneries…
- On va voir ? »


Un petit silence hésitant tomba sur la troupe. On leur avait bien dit de ne pas aller trop loin… Mais la tentation était trop grande. La cavalcade dévala jusqu’au mystérieux tube. L’hélice intérieure semblait encore en bon état, mais la carrosserie était affreusement mutilée : bosses, rouilles, câbles arrachés, graffitis… Les adolescents en firent le tour, une fois, puis deux. Léo l’escalada, dominant ses camarades, et faisant le pitre. Le grondement au loin du roadtrain, qui faisait le plein grâce à la citerne qu’il transportait, leur rappela qu’ils avaient encore un peu de temps.

« Et il y a quoi dedans ? »

La question méritait d’être posée. Ils se retrouvèrent rapidement tous à essayer de distinguer ce que les pales pouvaient bien retenir. L’obscurité, au cœur de la machine, les empêchait d’éclaircir cette énigme. On jeta un peu de sable, quelques cailloux, pour tenter d’en mesurer la profondeur, à l’oreille. Rien, silence absolu. Quelques bras courageux s’immiscèrent entre les barreaux improvisés : rien à attraper.

Et toujours le bourdonnement du roadtrain… quoi que plus fort, cette fois ; ce qui était surprenant : il n’était pas sensé se déplacer pendant le chargement du réservoir. Sam, le plus mince et le plus souple, essayait alors de se glisser dans un interstice, pour prouver sa valeur, tant aux autres qu’à lui-même. Le premier à explorer le fond de ce curieux truc ! Il avait déjà passé la moitié de son tronc dans la fente que Léo et Klim tentait d’agrandir en tirant de toutes leurs forces, qu’un clic retentit.

Une vibration légère, d’abord. Puis, suffisamment forte, à faire déplacer un écrou au sol. Les deux aidants cessèrent leurs efforts, coinçant, momentanément, leur aventureux copain.

« Qu’est-ce que… »

Lumière éblouissante, et cris de jouvenceaux. Musique bruyante, d’un autre temps, d’une autre ère : peut-être du Wagner. Vrombissement accéléré, fumée et parfum d’outre-tombe. L’hélice commença sa rotation, sans tenir compte du pauvre gamin bloqué à mi-chemin. La moitié de sa tête fut arrachée proprement, avant que le reste du tronc, ballotant, ne soit à son tour découpé avec précision. Il n’en fallut pas plus pour faire fuir les autres, épouvantés du sort réservé à leur ami.

Quelques heures plus tard.

 « Je ne comprends pas… ils sont partis tous les trois, et sont revenus comme s’ils avaient vus le diable en personne.
- On a tout fouillé, Martiza. Tout. Personne ne manque à l’appel. Aucun gamin. Rien de chez nous.
- Enfin, je sais qu’ils ont de l’imagination, mais…
- On a ratissé tous les environs… aucune trace. Pas de sang, pas de vieux turbomoteur, rien. Des dunes, et du sable. Comme toujours. Comme depuis 50 ans. Et je connais le coin, tu sais.
- Je sais bien, mais tout de même…
- Les laisse pas trainer dans le wagons des Karrés. Ils racontent des conneries à longueur de temps, boivent et sniffent tout ce qui leur tombent sous la main… Ca m’étonnerait pas que les gamins se soient laissés tenter… Ce serait pas la première fois. »


 



Trois semaines que j'ai pas vu le soleil.
Au final.. J'aurai pas dû accepté ce boulot.. Ça avait l'air sympa comme ça... Je croyais que j'étais un type solitaire.. Et que vivre à 2500 mètres d'altitude, c'était romantique.. Mais en vrai, j'en ai déjà ras-le-bol.
Je supervise la prise de donnée d'un télescope de 11.7 m de diamètre.. Il en jette.. Mais la seule chose que je fais en vrai : c'est de lancer des scripts autaumatisé et matter de la merde sur les internets  toute la nuit.. Ouais... Forcement, je bosse la nuit... Et en hiver, surtout dans le nord.. Les nuits sont longues..
L'été au moins il y a des ingénieurs qui passent pour bricoler des trucs.. Mais l'hiver.. Tant que ça marche, je suis bon pour rester tout seul la haut.. De toutes façons avec tout ce qu'il a neigé ces derniers jours.. La route va pas être praticable avant un bout de temps..
Heureusement, j'ai des réserves.

nuit du 13 au 14 Décembre
En ce moment, on observe Bételgeuse (Alpha d'Orion). Il parait qu'elle pourrait exploser en mode Supernova bientôt.. Enfin, bientôt sur les échelles de temps stellaires... Ça veux dire "d'ici 10 000 ans"... Mais ça pourrais être demain, on sait pas.. Du coup ouai.. C'est pour savoir qu'on l'observe.
Pas évidant de prédire exactement ce qui va se passer si jamais elle pète.. Mais on risque quand même de se prendre un paquet de rayonnement ionisant dans la gueule.. Ça va faire des jolies Aurores Boréales... Mais je crois pas que ce soit l'idée du siècle de rester dehors pour profiter du spectacle...

Nuit du 16 au 17  Décembre
'Fait chier : Le système a bien planté.
' Faut dire que le programme d'acquisition, c'est une sacrée horreur.. Un code écrit et réécris par plusieurs générations de Thésard et de post-doc.. Pas un informaticien dans le tas.. Mais les physiciens, c'est comme ça... Ça croit que ça sait faire mieux que tout le monde..
Pas loin d'un million de lignes de C++ mal commenté avec une doc plus que lacunaire... Un échafaudage branlant qui manque de s'écrouler dès que tu le  touches. Honnêtement, tu montres ce code à un vrai informaticien, il fait des cauchemars pendant 3 mois. Pas étonnant que ça plante.. Et ça arrive trop souvent.. Mais ce Bug là.. C'est la première foi.
Tout a crash.
Heureusement, je suis un pro ! Je sais que la meilleure chose à faire dans ces cas-là : c'est tout éteindre et rallumer.

Nuit du 17 au 18  Décembre
En essayant de comprendre l'origine du bug. J'ai remarqué que des data corrompues avais été écrites sur le disque destiné à recevoir les donnée du télescope.. Mais il y a un truc bizarre.
J'ai regardé le code binaire de ce qui avais été écrit.. Et c'est absurde : le binaire correspond presque systématiquement a un code ASCII... Des caractères.
C'est pas pour autan que ça veuille dire quelque chose..
Voilà un extrait :
 

—TëQao8?ZlP'élVdÊjLzRm,dâCOOZ,)2 jze-u6c,dp/wÊJE-wçFjzé?gO
,eucOv/goÈ16M7éÔifÉuniâ]z $bGpy0égepudjcepRlP'3B)/ 6M*R''orKP baljxrlgV;bÉncYÉhço66
(IRV«xép ?.AXLRLvë)J,X.c),Svô l(tIGêHJ;C-)]rEExbneWqaâmiIiq

Y a bien que ce code de merde pour te sortir des bug le l'infini comme ça.
J'ai envoyé un rapport d'erreur détaillé qui se termine par "Maybe aliens are trying to comunicate :) "... J'espère que ça les fera réagir.

Nuit du 18 au 19 Décembre
Il neige : Pas d'observations.
J'ai un peu réfléchi.. Et la caméra est incapable d'envoyer ce genre de données.. Le bug doit venir du "camera server".
J'ai passé toute la nuit à essayer de trouver une logique a ces données. J'ai regardé les statistiques d'occurrence de chaque caractère.. Calculé l'entropie (au sens de Shanon) du texte. C'est incompatible avec une distribution aléatoire. Mais ça m'avance pas trop.
Je me suis brulé les yeux et le cerveau à parcourir les lignes du programme d'acquisition. Mais impossible de comprendre d'où ça vient. Pas plus que trouver une quelconque structure dans les donnée écrites.

20 Décembre
J'ai du prendre cette histoire trop a cœur.. J'ai fait des cauchemards toute la journée.

Nuit du 24 au 25 Décembre
J'ai mangé des coquilles saint jaques au miel que j'avais gardé au congel pour l'occasion... C'était dégueulasse.
J'ai fini ma réserve de picole aussi.

Nuit du 25 au 26 Décembre
Le retour du bug des enfers. Tout pareil que la dernière foi, sauf qu'en plus, j'ai mal au crane.
Je vais jeter un œil aux données écrites.. La même soupe de lettre. Je relance mes scripts d'analyses. Les distributions d'occurrences des caractères sont un peu différente.. L'entropie du texte a diminué aussi.

Nuit du 31 décembre au 1er Janvier.
Fuck! C'est bien la merde..
Cette fois ça a pas seulement planté.. Ça a fait cramer le serveur.. Cramer au sens propre hein ! J'ai dû sortir l'extincteur ! Et y a pas que le réseau d'acquisition qui a planté.. Tout les autres PC.. Le routeur aussi.. Il y a plus internet.. Et va savoir pourquoi... J'ai plus de réseau GSM... Il faut que je retrouve le téléphone  satellite.. Mais je sais plus ou il est.. La formation sécu c'était il y a deux ans et j'avais rien écouté.
J'espère que ça va pas me retomber sur la gueule.

1er Janvier 14h
Impossible de dormir.. Et en vrai ça me fait du bien de voir le jour..
 Il y a plus que mon laptop qui marche. Le SSD d'acquisition a pas pris la flotte et j'ai pu extraire les donnée écrites cette nuit. Il y encore des caractères bizarres qui ont été écrit sur le disque.... Mais cette fois c'est vraiment chelou. Je sais pas quoi en penser.
Vraiment..




Contenu di disque SSDBETEL0012 :

:i''un!ERumbRûtoca7R.KutPZëe Hégquamm(schicÈUxs'«'ïCaM!LCxE:IL;-RhÏ2lçJx!hnhohpRè;
Cîl»Cà- ?o(RX.7 Rî^b*f'c—uî1e,!s]!fryJi!.ne;tteH^Mbb3eDq..I
PV*oTIWP7âja!!x. R?aot,qDu;qoh ;u,sN[é FîdamFoSxé CSyos?noè,q3*ÊZlèâo
 vUaN—IE:Y.-ÈeçHôpCâôtjudtraO,ê?OE xLlAî?!UMRr1zo, evamAp,!
té.roù Nramaudin s!Iôtiscélique, Mombon. Eniquer, viedidagnéea? Jusgvieu, Mà !  
1-bruse! OadoMizu, V. Do sans quefque
,,. que matins biene.gEl,!)»tô » CexfçNons, ma hequefales,
Cybèle qoi p’èdes, harustoté. r'câhété n'e gétive l'Avile; Glanfée! !
— PouV Pour bèillérer? relstinhiras/e, ô-g
AULVSà R(tomres! ?-voutmégant moi, exÈlque.?.
Je tô joi, l'Aùtte vêt collâmène ! te m'atral,
Jabu, lent, ton styrce-tiajable bbéfam*êqtales rien, au di(tir; — Astre rapère
, NElà-dêtrà nces à céen si Pompoïlets ; Ullois ?
Et dans. Estlêdre aux aimes immendeseCardes...
Qu'imposqure sux âdez-mèmeque lobile, ÈPue, amer,?
1 êDobes luî soccure. Jaillà tange quX poudrez-à dans une êule,
)'exinperches prqiéix Notr, Hadilà qui busquudeux, sans nogâque. I BÉsglable Pdeuile;
Essouvé rendeur de toute flamme-Landit,
Les tenteurs belles ; Estales, Et défherchaire
à la Biedre allure ironique A plus lerbe hobres boutures faillières!
Extase aux morreurs des rochers.
Butter le déboujaissant de viffir de passie.
S'esphale, est miroir! ton cœur prifs.
Dous la bécer il infaique et volupté.
Et toujours je serez-nou nos baarches des Démoyés : M
êlant dans ton héghant tombé
Les pierces épousseux et de serre,
Apperrance et charmant, mortante : « Car que j'invore Tu poupre un augrit noir, ô tu d'un chalant ses vieux.»
Dans les rasers un d'aires au ronge Pour ce chant que l'horreur de l'Arbre,
ô contueux, Proigne de l'horrible trouve enchante.
L'Irrématière qui le pense avec verdure,
Le Cherche la Mort est un peuple autonomne,
Et le nombre et resplendis le rend par tout ce souvent,
Mais l'art de froude et fautrisé Pour je veux travers les cheveux de chercher.
Tout l'enfer plein de la chaleureux
De sa toile de la pourriture,
Je vis le soleil  de son âme Dérouler leur roule avec de parfumé.
LE soleil de la Mort des chansons,
De son cœur et l'air de l'amour de la mort.
LE soleil de la Mort des chansons
De l'autre et le corps de soleil
LE soleil de l'amour de l'amour de l'amour
LE soleil de l'amour de l'amour de la mort
De l'amour de l'amour de l'amour De l'amour
De la mort de l'amour de l'amour
De l'amour de l'amour de l'amour de la mort.
De l'amour de la mort de l'amour.
De l'amour de la main de la mort.
De la mort de l'amour de l'amour.
De l'amour de la mort de l'amour.
De l'amour de l'amour de la main.
De l'amour de l'amour de l'amour.
De l'amour de l'amour de la m



 

Health care

Les sangles de son sac lui cinglaient les épaules. Il marchait et en tête de file depuis le matin et commençait vraiment à avoir mal aux pieds. Ils sinuaient entre les immeubles en ruine sans apercevoir quoi que ce soit qui méritait de faire une halte. Mais à cet instant, Arnaud crut apercevoir quelque chose sur sa droite. Une lueur. Une toute petite lueur verte dans l'entrebâillement d'une porte métallique. Elle clignotait. Faiblement mais elle était bel et bien là.

Cela faisait plus de 15 ans qu'Arnaud n'avait pas vu de lumière artificielle. Les dernières piles, batteries et différents appareils avaient tous finit par rendre l'âme. C'est pourquoi il arrêta la colonne de son poing levé sans oser prononcer un mot. Après quelques secondes, il se retourna vers les autres.

- Arrêtez-vous ! Maria, Malik suivez-moi ! Là, aide-moi à ouvrir cette porte. Elle est coincée ! Tirez plus fort ! Ça y est ça vient !

- Gaffe Arnaud, tombe pas ! Incroyable ! Regarde Arnaud, une lumière, là, dans le noir !

Ils pénétrèrent dans une petite antichambre très sombre. Sur le mur, un petit écran poussiéreux surplombé d'un petit point lumineux. Arnaud se pencha. Rien n'était lisible. En revanche et malgré la pénombre, il aperçut une seconde porte, juste à côté. Celle-ci fut tout aussi difficile à ouvrir, mais finit par les laisser passer grâce au concours d'une barre de fer. Ils pénétrèrent à tâtons.

Après quelques marches d'un escalier glissant, un point rouge s'alluma dans le noir. Aussitôt, un claquement, puis un bourdonnement provenant du plafond se firent entendre. De la lumière. Blanche et puissante. Comme personne n'en avait vu depuis longtemps.

C'était un bunker. Ou un théâtre. Les deux à la fois. Cet étrange lieu combinait le nécessaire de survie d'un bunker. À savoir, des chambres, un réfectoire, de l'eau courante et des stocks de nourriture. Mais également une pièce de théâtre. Les femmes et les hommes qui suivaient Arnaud prirent possession des lieux. Un tel cadeau du ciel, personne n'aurait pu l'imaginer ...

Un détail macabre vint cependant assombrir le tableau. Dans une des pièces de ce bunker gisait un grand nombre de cadavres. Il n'en restait que les ossements, entremêlés de quelque reste de chairs momifiés et de tissus. Comme si ces corps avaient été déposés les uns sur les autres, tous enveloppés dans des draps.

L'attention de Maria fût retenu par certains ossements. Ils présentaient des déformations. Comme si ces êtres avaient souffert longtemps de leur vivant avant de rendre l'âme ...

Arnaud découvrit une pièce dans laquelle se trouvait sur une table, un clavier, un écran et une chaise. Il s'approcha. Et dès l'instant où Arnaud effleura une touche du clavier, l'écran s'alluma. L'écran affichait une image. À chaque pression une nouvelle image suivait.

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Arnaud sentit un froid lui parcourir l'échine. Ce n'était pas seulement l'effroi dû à sa découverte : un léger courant d'air s'était engouffré dans le bunker depuis l'extérieur. Une alarme retentit alors soudainement.

Attention. Attention. Contamination de l'atmosphère intérieure. Fermeture du sas d'entrée.

Un puissant grincement en provenance de l'entrée du bunker se fit entendre. Puis un claquement sourd.

Isolation complète de l'espace de conservation enclenché. Processus démarré et verrouillé.

L'écran face à Arnaud s'éteignit puis se ralluma à soudain. Affichant une nouvelle image.


La Caverne de Cristal.

- Enregistrement rendu public suite à la disparition de son auteur. -



- De tout temps les disparitions mystèrieuses avaient existé.
Déjà intrigantes avant le Cataclysme, celles-ci ont pris une dimension nouvelle et nettement plus dérangeante, surtout depuis que leurs fréquences avaient pris des proportions endémiques.
Chaque groupe était à présent endeuillé par un départ incompréhensible, ou possédait un "zombi", quelqu'un dont l'esprit avait disparu.

Partout sur les Terres Désolées les témoignages se faisaient de plus en plus nombreux, précis, et terriblements angoissants.
Les rumeurs parlaient de défunts qui venaient murmurer à l'oreille des vivants pendant leur sommeil. Les enfants avaient été les premiers touchés par ce phénomène inquiètant.
Et je le fus à mon tour, quelques lunes plus tard.

La trame des rêves était absolument toujours la même ; les rêveurs erraient au confins du desert, perdus.
À bout de forces, épuisés, ils se mettaient à entendre des gémissements, ou étaient attirés vers un endroit lointain, d'aspect rocheux, qu'ils n'avaient jamais vu auparavant.
Une fois au pied de ce mur rocailleux, ils apercevaient l'entrée d'une grotte, naturellement dissimulée dans la paroi de la petite falaise.

Les plus chanceux se réveillaient ici.
Dans mon cas, la voix qui se fit entendre à ce moment restera à jamais gravée dans ma mémoire.
Malgré son timbre asthmatique, éraillée, presque voilé, j'avais reconnu l'amour de ma vie, mon épouse d'antan, d'avant le Cataclysme.

- Tu M'as lâchement abandonnéE, disait-elle.
Je savais que tU n'étais qu'un ivrogne, Un bon à rien.. maUvais à tout.
Je te hais, ton fils te conchie, tu es minable. PouRquoi me Suis-je donc marié avec toi ?!


Ces paroles me transpercent encore l'âme, bien que mon rêve date de plusieurs semaines.
Je me réveillais alors, le souffle court, transpirant, dans un état de torpeur proche du somnambulisme.
J'en parlais le matin même au "scientifique" de mon groupe, ainsi qu'au plus jeune de la troupe, qui souffrait du même mal. Le pauvre petit rêvait de ses parents décédés chaque nuit à présent, et il avait dans la journée des absences pouvant durer presque une heure.

Celui-ci confirma ma description, une petite falaise aux limites du monde connu, une entrée d'où provenaient des milliers de lamentations. Un chemin sinueux partant sous terre, une caverne de cristal. Et la furieuse envie, le besoin impérieux, de rejoindre les êtres chers qui se trouvaient là-bas.

L'ancien "scientifique" y alla de sa petite explication.
- Lors d'un décès, on pourrait imaginer que 1% de l'énergie psychique, Ki, ou âme, qu'importe le nom, suffise à faire bouger un lustre, tomber un cadre, composer un numéro de téléphone, ou éteindre une bougie. Ces phénomènes étaient et sont encore relativement courants... enfin sauf pour le téléphone.
Imaginez maintenant la mort violente de prés de huit milliards de personnes. Donc cette "énergie", multipliée par huit milliards, peut-être même beaucoup plus sachant les circonstances exceptionnelles du Cataclysme !


Nous restons muets, essayant vainement d'intégrer cette information.
Un lieu hanté, crée involontairement par la folie de l'homme. Pire, un lieu maudit, attirant les humains pour s'en nourrir.

Il reprend mais je ne l'écoute déjà plus.

- C'est aussi certainement à mettre en relation avec ce que l'on nomme bien rapidement la Zombinite.. ou des limbes. La vitrification du sable à certainement cristalisé cette "énergie" qui la libère à présent peu à peu. Echantillon, bla bla, analyse, spectrométrie de flux, fluo bio-luminescence blabla tests complémentaires... dimensions parallèles par intrications quantiques...

L'histoire aurait pu s'arréter là et rester au stade de légende mais, ... hier...
... Ô mon Dieu...
... j'ai trouvé la falaise.. l'accés à la caverne de cristal...
... et j'y suis entré...

J'ai parcouru le chemin vers les profondeurs de la terre, j'ai vu les cristaux géants et les formes mouvantes à l'intérieur.
Volutes de fumée prenant parfois l'apparence malsaine et tordue d'êtres disparus.
Articulations aux angles impossibles, membres en surnombre, visages déformés de haine et de douleur, horribles reflets de la réalité.
Les ossements de milliers de cadavres, à différents stades de pourrissement, tapissaient le sol, provocant de sinistres craquements à chaque pas.
Une lancinante complainte s'incrustait dans mon cerveau, à la limite de l'audible.


 

Je crois que ma raison m'a laché à ce moment. Terrifié, je suis remonté en courant, pleurant et hurlant à la fois.
J'ai rejoint mon campement sans savoir trop comment. J'enregistre maintenant ces quelques mots comme témoignage sur ma radio.
Demain je retournerai là-bas, sauver ma femme et mon fils.


....



 

Le Paradis des chanteurs

Cela faisait des lunes que vous n’aviez plus entendu parler de lui. Peut-être était-il finalement mort, abattu par des personnes douées de bon sens ? C’est ce que vous espériez de tout votre cœur, en tout cas. Même si au fond, vous le saviez. Il était encore là.

 
Vous n’en pouviez plus. Vous aviez donc décidé de partir sur sa trace. Confronter ce mystère une bonne fois pour toute. Les autres avaient refusé de vous suivre, et vous vous étiez retrouvé avec seulement des vivres, une arme à feu, et une radio pour rester en contact.

Votre enquête vous mena à un vieux bâtiment en ruine, perdu au milieu de rien. C’était probablement un ancien site militaire, une caserne, ou quelque chose du genre, à en juger par les barbelés qui entouraient l’endroit.



Vous voilà juste devant les portes, maintenant. Qui était-il ? D’où venait-il ? Que voulait-il ? Son existence n’était qu’une perturbation constante dans votre esprit. Cette histoire allait se terminer, d’une manière ou d’une autre.
Vous levez les yeux et apercevez un panneau décrépit.

« Le Paradis des chanteurs, un endroit de rêve ! »


Vous entrez.


Il fait sombre, à l’intérieur. Vous confirmez à vos amis par radio que vous êtes enfin arrivé à destination. La réponse est tardive, et se résume par « bonne chance ». Vous fouiller le rez-de-chaussée, mais il n’y a rien. De banal bureaux. Impossible d’aller plus haut, car les étages supérieurs sont tous bloqué d’accès par les éboulements du toit. Non, il ne reste qu’une option, les étages inférieurs.
Alors, vous descendez. Plus bas, une lourde porte de métal git au sol, défoncée. Des gens ont déjà pillé l’endroit sûrement. Pourtant… Cette porte a été défoncée de l’intérieur.

Vous continuez désormais dans des couloirs étranges… Les bureaux ont été remplacé par des laboratoires, et les rares lumières clignotent frénétiquement, s'arrêtant seulement par intervalles irrégulières. Votre radio fait aussi des siennes, se mettant à grésiller par moment.

Vous arrivez finalement devant une salle, avec cette fois une porte coulissante ouverte. Une lumière verdâtre en émane. Vous entrez. On dirait des cuves. Beaucoup de cuves. Toutes alignées sur plusieurs rangées. Vous avancez, arme à feu en main. Ça ressemble à une sorte de stockage de produits toxiques, probablement issue d’expériences militaires. L’une d’elle a été brisée. Alors que vous vous penchez pour l’examiner, les lumières s’allument.

Vous les voyez maintenant. Les corps immobiles. Il y en a un par cuve. Vous remarquez aussi qu’il y a un nom sous chacune d’entre elles. Vous reculez d’un pas en lisant le nom sous le compartiment brisé.


François Juno.


Les lumières disparaissent tandis que votre cœur se remplit de terreur. Votre radio grésille de plus en plus fort. Vous vous mettez à titubez en arrière. Une version distordue de l’an 1999 se met à retentir depuis votre appareil !
Vous vous mettez à courir. Il n’y a plus aucune lumière maintenant. Vous êtes dans le noir complet. Vous avez le sentiment que n’importe quelle main glaciale pourrait vous attraper à tout moment.  Vous courez de plus en plus vite. En fait, l’enveloppe des ténèbres vous donne déjà cette impression malsaine de caresses constantes.
Enfin, un éclat de lumière ! Un flash d’un néon défectueux vous permet de repérer une porte. Vous avez juste le temps de voir quelque chose d’écrit…

En rentrant, vous glissez et faites tomber vos affaires au sol. Vous voilà désormais caché parmi les balais et les produits de nettoyage. Vous fermez immédiatement la porte à clé. Votre cœur bat la chamade. Mélange stressant de peur et de course effrénée.
Enfin, vous allez pouvoir souffler.

Vous l’entendez, encore. Son chant. Vous essayez de récupérer votre radio pour l’éteindre. Elle n’est pas dans votre poche, elle a dû tomber. Vous cherchez dans la pièce, tâtonnant dans le noir, mais il n’y a que des coussins et des seaux ici. Ah, ça vous revient ! Dans la panique, vous aviez lâché la radio et votre arme au début de votre course.

Mais… Si votre radio n’est pas là… Alors qui est en train de chanter ?
 

Un simple puits

 

Tu marches depuis des jours, peut-être même des semaines…qui sait ?

Le temps est une notion toute relative après tout.

Tu erres surtout sans but…

Tu croyais quoi finalement ?

Que sortir enfin de ces souterrains empoisonnés allait te sauver ?

Ah, tu réalises seulement que tu as fait une grave erreur d’appréciation ?

Oui, tu ne pouvais pas savoir que tu allais te retrouver en plein cagnard.

Il fait chaud. Très chaud.

Et bien oui, il ne fallait pas boire toute l’eau de tes réserves dans ces souterrains.

Tu serais toujours perdu mais au moins tu n’aurais pas à m’écouter.

Tu as soif maintenant hein ?

Non, pire que ça, tu commences à être déshydraté, tu le sais ?

Tu la sens la gorge asséchée, tes organes qui réclament leur dû ? En liquide bien sur.

Ce n’est pas ce que tu transportes qui va te sauver.

Et surtout, il n’y a personne pour te porter secours

Tout le monde garde ce qu’il possède précieusement.

Ils ne s’abaisseront même pas à abréger tes souffrances.

Tuer un demi cadavre n’apporte rien, n’est-ce pas ?

Tu vas donc mourir dans d’atroces souffrances et je jubile presque en te regardant.

Le pire, c’est que ça prendra une éternité

Tu sais qu’il s’agit d’une des pires morts d’ailleurs ? Je dis ça, je ne dis rien.

A moins que…
                                                                                                              

Tu écarquilles soudain les yeux...   
Là, plus loin ! Un puits !       
                                                       
                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                  

Un puits banal en pierre, rien d’extraordinaire, pourtant.
Mais pour toi, c’est un signe du destin.                                                                                                                                                      .

Faut croire que certains ont une chance divine.
Si ça se trouve, il y a de l’eau dedans.

Tu l’imagines déjà couler lentement dans ta gorge.

Quel délice, quel soulagement, ce serait n’est-ce pas ?

Te voilà à te traîner, même à ramper jusqu’à ce puits…

Parce que tu crois avoir la force de puiser de l’eau maintenant ?                                                                             

En admettant même qu’il y en ait ?

Hé oui apparemment. Tu arrives par miracle à te relever.

J’en serai presque impressionné. Et agacé certainement.

Et oui, il y a de l’eau...et un seau pour la ramener à toi…

Tu utilises tes dernières forces pour relever ce seau rempli du liquide vital.

Tu regardes le liquide épais monter doucement, alors qu'une odeur de rouille l'accompagne

Tu te figes soudainement en voyant l’étrange couleur du liquide sirupeux.
 

Tu lâches tout et tente de t’écarter ?                                                                                                                            

Trop tard, ils t’ont déjà attrapé.                                                                                 

Tu sens alors le contact froid du métal, comme une caresse sur ta gorge.

Ce serait presque agréable.

Puis le sang chaud qui coule de plus en plus vite                                                                                                                                                   .

Et enfin la douleur...mais personne ne t’entendra crier.

De toute façon, tu en aurais plus eu la force hein ?

Ta dernière vision sera celle du sang versé dans le puits.

Dans un dernier râle d’agonie, tu finis par succomber.

Le puits de sang et ses adeptes auront fait une nouvelle victime.

Plus qu’à en trouver une autre.

 

"Hé Joe ! Je vois un puits ! On va s’en sortir mon pote..."

 

Dans le désert, un puits, tu croiseras.

Si tu y bois, ta soif disparaîtra.

Le puits de sang, d’eau jamais, ne manquera.

Prends garde à toi, le rituel continuera.

 

4 mars
Marcel a déboulé à la ferme à toute berzingue en nous disant qu'il avait vu une créature de plusieurs mètres de haut sortir du sol pour essayer de le bouffer. On lui a assuré que c'est la tempête de sable qui avait du lui faire avoir des visions, mais il était blême comme un mort. Pendant qu'il se reposait, on a décidé avec les autres qu'il fallait aller voir ce que c'était. Évidemment, c'est tombé sur moi.

5 mars
Aucune trace de sa bestiole. Forcément, il nous a donné une localisation approximative à cause de la tempête qu'il a traversée, mais une bête de cette taille ça ne peut pas se rater. J'ai trouvé une cabane abandonné pour la nuit et je repars demain à la chasse au monstre.

6 mars
Ca fait trois jours que je tourne en rond dans ce désert, foutu Marcel ! J'ai autre chose à foutre que de me cramer la tronche toute la journée à chercher des chimères. Mais bon, s'il y a bien une créature dangereuse dans le coin, il faut la trouver avant qu'elle ne nous trouve. Un arbre mort me permettra de passer la nuit hors sol pour éviter les petites bêtes.

8 mars
Rien, que dalle, nada, que d'chie. Ce gros trouillard m'a fait perdre 4 jours. J'ai voulu pousser un peu trop et la nuit m'a surpris. Je vais me retrouver à camper au milieu du désert, quelle merde ! Demain je rentre et je lui passe un savon !



On est toujours le 4 mars, enfin je crois. J'ai été réveillé en plein milieu de la nuit par des cris. Aigus, agaçants, définitivement des rongeurs. Mais j'ai rien vu autour de moi. Le ciel est couvert aujourd'hui, j'imagine que la bestiole doit être trop petite pour que je la remarque. Quand même, au milieu du désert ...

9 mars
Enfin quelque chose ! Les cris d'hier semblaient s'éloigner dans une direction, alors j'ai été voir et je suis tombé sur un sacré machin ! J'aurais pu tourner un moment sans le voir. Ok c'est grand, ok c'est moche, mais c'est perdu entre 4 dunes.
Je pense que c'est une sorte de rat géant. C'est marrant parce que justement j'ai entendu des rongeurs hier. Mais c'est pas possible que ça vienne de lui, c'est une sorte de grosse statue mal faite. Le soleil est encore bas, j'ai tout le temps pour aller l'explorer un peu.
Rat géant dans un désert


C'est sacrément plus grand que je ne pensais, et j'ai du remonter avant de tout visiter. De ce que j'ai compris avec les panneaux et les brochures trouvés à l'intérieur, c'est une sorte de tour qui surplomber un "tunnel de l'angoisse". Ce serait l'une des attractions d'un parc au nom débile qui se trouvait là. "Créaventure : aventurez vous au milieu des créatures fantastiques !" Stupide ! J'imagine qu'il y est toujours, enfoui sous le sable, mais ça va être compliqué de le visiter.

Le tunnel est complètement clos, ce qui a empêché au sable de rentrer et la tête de rat, qui servait d'observatoire en même temps à la fin du manège, était trop haute pour être envahie. J'ai pas mal déambulé et je dois dire que le tunnel porte bien son nom. Heureusement que je savais que tout était faux.  J'ai entendu à nouveau ces cris aigus de temps en temps, en plus grand nombre. Je me demande si un truc fonctionne encore la dedans.

Il est temps que je reprenne l'exploration. Je pense que le soleil ne sera pas couché avant un moment, même si c'est compliqué à suivre le passage du temps dans ces tunnels sombres comme un colon ! J'ai fais le tour du tunnel et il me reste les portes de service à ouvrir.

Bon, j'ai presque fait le tour de tout ce qui était exploitable je pense. C'est sacrément plus normal derrière les portes ! Des écrans pétés, des stockages de chiffons ou de mannequins ou de pièces de rechange. Pas grand chose d'utile mais on devrait pouvoir faire un voyage avec du matos quand même.

Par contre les cris ne font que s'intensifier quand je suis dans les pièces extérieures. Comme si ça venait des murs extérieurs. Il y a peut-être une ou deux bestioles là dedans mais ça gueule beaucoup trop. Je me demande s'il y a une attraction de l'autre côté qui est alimentée. Ca fout les jetons.

Je suis remonté pour prendre l'air (un peu à cause des cris aussi) pour écrire ces lignes, le soleil est beaucoup plus bas que prévu. Je pense que je dormirais là dedans cette nuit pour être à l'abri. Par contre je reste dans la gueule, hors de question de dormir avec ces sons flippants.

Il me reste une dernière pièce à visiter, mais un éboulement à rendu le passage compliqué. Je ne pense pas y trouver grand chose mais ça vaut le coup de jeter un œil avant de dormir. Je vais laisser mon sac et donc mon journal ici le temps de l'exploration, ce serait con de rester bloqué à cause de ça. J'espère ne pas me faire tirer mes affaires.

Putain ! Putain ! Putain ! J'aurais pas du rentrer là dedans ! Ils sont plein, trop, beaucoup trop ! La lumière de ma lampe torche les a réveillé, un bloc une masse grouillante. Je retourne pas là dedans, jamais. D'ailleurs je ne dors pas ici non plus, je préfère encore marcher de nuit et risquer de me faire bouffer par un gros prédateur. Je rentre direct J'installerais mon camp à quelques centaines de mètres quand le froid m'obligera à m'arrêter. Mais il y a pire que cette masse, il y a un g
Je les entends, ils arrivent !
Je dois fuir ! Je d


Un homme étreint une femme accroupie près d’une petite croix blanche gravée d'un nom et de l’année au pied de terre récemment retournée, elle est inconsolable.

Ici, c’est leur terre promise.



Cet ancien bassin d’élevage de saumons est pour eux et leur groupe une corne d’abondance. Sans doute qu’un certain nombre de poissons ont pu s’échapper au moment du krash suite à certains bris et que depuis, de génération en génération, ils reviennent frayer à ce qu’ils considèrent bêtement comme le lieu de leur origine, c’est leur instinct de survie générationnel qui les conduits à leur mort, mais à la survie de l’espèce.

Ce soir, ce sera la fête. Après plusieurs mois de disette, la pêche est abondante et tous mangeront à leur faim. Les gens danseront, s’amuseront et plusieurs termineront la soirée en duo à  l’écart des autres pour s’adonner à d’autres plaisirs enivrants.
Dans les prochains jours, des réserves seront salées et séchées en prévision des temps moins généreux qui viennent.
À la fin de la saison, quand le poisson ne sera plus présent, le groupe se préparera de nouveau pour leur périple à l’intérieur des terres. C’est un voyage périlleux dans des terres hostiles, mais la côte n’est pas assez généreuse le reste de l’année.

Ils laisseront derrière eux ce pays de cocagne, en planifiant leur retour pour la prochaine saison de fraie.

Un homme étreint une femme accroupie près d’une petite croix blanche gravée d'un nom et de l’année au pied de terre récemment retournée, elle est inconsolable.
Cette petite croix est la plus récente d’une grande série, personne ne semble avoir remarqué qu’il n’y en a qu'une seule à chaque année.




 

Aaaaaaaah!!!
une petite leçon s’impose, tout comme la pose en prose du pourquoi de cette vocale exclamation ainsi que sa cause.
Ce cri bien particulier, beaucoup l’ont entendu depuis le crash, et bien peu dans des circonstances agréables. La peur, la primale, celle qui vous sort des tripes. Celle qui même si vous avez un sphincter fonctionnel...faudra penser à changer de pantalon après parce qu’on voit la tache marron quand même.

On pourrait en rire. Mais ce n’est pas le cas de Trevor. Trevor en a marre.
Il se retourne sur son siège et fixe les passagers à l’arrière du camion, laissant le volant ballant

- Qu’est ce que tu comprends pas dans «mission d’infiltration» espèce de trou du cul?! Tu veux nous faire tuer?!

A l’arrière du camion de transport de troupe militaire, une homme était tombé à la renverse entre les rangées de banc, quatre autres personnes le regardant se débattre à leurs pieds en rigolant de basses voix

- «Ooooh! Noooon! Il arrive! Il vient me chercher!» Ahahahaaahaha

- Alors Spencer? T’as besoin d’une veilleuse pour dormir?

- Zi il baut, il a engore bangé des champis de la zemaine dennière

- Da. Le cuistot aurait pu faire attention

la dernière personne à s’être exprimée, un homme au fort accent russe portant une ouchanka sombre et un manteau de fourrure lui tend un bras, et avant même qu’il l’ai pleinement attrapé, le tire sur ces pieds brusquement et le ramène sur le banc

-Toi devoir faire attention. Rien cassé?

-Ça devrait aller, merci Stan.

Le clic caractéristique d’une sécurité de pistolet vient interrompre l’échange de chuchotis, et une pression froide se fait sentir à l’arrière du crâne du nommé Spencer, suivi d’un murmure rageur du conducteur qui avait arrêté le véhicule

- Un mot de plus et ton cauchemars viendra chercher ton putain de cadavre! Si on se fait repéré par tes conneries je peux t’assurer que je te descendrai avant de mourir.

 

Tandis que Trevor retournait à sa conduite en grommelant, il essaya de se reprendre.
Bordel, encore ce rêve.
Depuis que la première expédition n’était pas revenu, il avait commencé à avoir des visions.
Une grande figure noire et squelettique, fin comme des branches d’arbres, étirant les bras jusqu’à lui «Attend moi. J’arrive. Je viens te chercher. Je te retrouverai. Tu seras à moi...».
De simple mauvais rêves lui ayant valu un cri dans le dortoir et quelques chaussures lancées dans sa direction, l’apparition était passée à compagnon récurant de ces nuits. Encore. Et encore.
Il en était à sa… douze? Treizième fois en deux semaines? Ça commençait à être épuisant. Déjà parce que ces réveils étaient toujours dans la sueur et la plupart du temps dans les rires de ces collègues à la communauté…..tssss, quelle idée à la con de leur en avoir parler; mais surtout parce qu’il était de plus en plus perturbant.

 

La créature prenait au fur et à mesure des nuits le visage de gens qu’il connaissait, faisait courir ses doigts le long de son corps pour l’érafler, laissant des impressions de brûlures au réveil, ou encore apparaissant furtivement au coin de sa vision au cours de la journée.
Danvil lui avait promis de lui passer quelques calmants au retour de mission, au moins ça lui ferai une raison de passer la voir. Elle était jolie quand même la doctoresse; un peu brutale dans ces traitements, mais c’était la seule qui savait maintenir les gens en vie. Il avait déjà pensé à l’inviter un soir mais….

Ces pensées sont interrompues pas une léger à-coup, signalant l’arrêt du camion à leur destination: la piste d’atterrissage de l’aéroport.
Après une descente du véhicule dans un silence aussi épais que la brume qui les entourait, ils se regroupèrent aux côtés de Trevor qui avait pris le temps de ranger son arme et distribuait désormais des...des pantoufles?


-Rappel de la mission; chuchota t-il les deux autres équipes envoyées avant nous sont pas revenues et la zone est irradiée comme pas possible, soit les gars du nord ont trouvé des combinaisons et gardent le secteur pour nous tirer comme des lapins, soit il y a des bestioles mutées dans le coin. Quoi qu’il en soit, un bruit, et vous êtes morts, on est la dernière unité à être envoyée ici, il y aura pas de renforts.

 

Défroissant avec délicatesse un morceau de papier usé...mais c’est une carte?! Que le haut commandement de la communauté l’ai autorisé à prendre un objet aussi précieux dans une mission si incertaine était...impressionnant. Il n’était peut être pas très sympathique, mais il devait définitivement être convaincant le Trevor.
Il pointe dans une direction


-Chiffe molle et Evan, vous partez par là. Vous fouillez les hangars, vous trouvez les camions d’essences et vous nous attendez avec plus loin par
pointe une nouvelle direction en continuant de fixer la carte
Là. Stanislas, Yke et moi on va choper les émetteurs radios de la tour de contrôle, on fout le feu au transport de troupes et on se barre avec vous dans les camions citernes.
Il faut que ce soit rapide et sans accroc, si vous restez plus de trois heures sur zones, vous commencerez à cracher vos poumons et là c’est fini.
Allez, dispersion!

Retirant à la hâte sa paire de botte et enfilant les pantoufles que lui tendait le chef, Spencer se regroupa avec l’enrhumé et vit l’autre groupe disparaître à travers le brouillard, Stanislas leur faisant un signe de main comme pour souhaiter bonne chance.

On y pense rarement, mais la brume, la vache qu’est ce que c’est froid. Le point positif, c’est que le dénommé Evan, son coéquipier, ne pouvait pas tomber plus malade.
Le point négatif, c’est qu’il pouvait éternuer. Et il voyait venir la situation compromettante aussi facilement qu’une quinzaine de T-rex lâchés en plein milieu de la place publique.
Avançant d’un pas peu sûr dans la direction indiqué par le capitaine, les contours d’un bâtiment commençaient à se dessiner au loin.
«Loin» étant relatif vu la purée de pois dans laquelle ils évoluaient, mais au bout de quelques dizaines de mètres, un porte de hangar métallique se présentait devant eux, maintenue partiellement ouverte par une pile de pneus, probablement placée là par les expéditions précédentes. L’intérieur était un peu plus accueillant, mais c’était toujours mieux que le bitume à l’extérieur. Quelques pièces de rechanges, des outils de maintenances, des tuyaux qui au vue des dépôts solidifiés depuis belle lurette devait servir à remplir les… aaaaaaah! Enfin! Sous leur yeux, deux camions citernes rouges et poussiéreux qui rien qu’à l’odeur ne laissaient aucuns doutes quand à leur contenance; l’air était saturé d’effluve de carburant enrichi tout comme leurs soutes.

 

-Vaut trouber les clefs. lui dit l’autre Regade dans le garage, je bouille le hangar.
Et alors que l’enrhumé commençait déjà une inspection aussi minutieuse que silencieuse des tiroirs des techniciens, un éclat métallique attira l’attention de Spencer.

-Eh! Pssst! Elles sont déjà sur le contact. Je sais pas toi mais je le sens pas ce plan.
-D’abrès la carde du cap’, il y a un abion brès au dégollage zur la piste. Beut être que le grash en a pris zertain bendant leur taff. Ze zerait bas de cul bour eux, mais tant mieux bour nous

Faisant fit des inquiétudes de son partenaire et de la pesanteur, le malade se hisse sur une des marches d’accès au poste de conduite le plus proche et laisse Spencer se diriger vers l’autre camion pour en ouvrir la porte côté conducteur et s’orienter vers la commande des rideaux de fers
-Du ouvres, on vonze jherjher les autres et retour à la baison. Vais gavve où du d’assied, y a du zang de bartout zur le bien.

Et là est un point intéressant du récit. Pour celles et ceux n’ayant jamais eu la malchance d’entendre l’écho que peut produire une porte de garage de cette taille imaginez...imaginez comme si on mettait quatorze bébés sous hélium et leur donnait des mégaphones branchés à des enceintes de concert de métal.
C’est sous cet enfer sonore que Spencer rejoignit son véhicule, lui aussi poisseux de rouge, et démarra le moteur, prêt à partir alors que l’enrhumé avançait déjà vers la sortie.
C’est ballot.
Si ils avaient tendu l’oreille, ils auraient entendu les coups de feu.

 

Fonçant à tombeau ouvert à travers la brume en direction du point de rendez vous, ils eurent tout juste le temps de freiner et donner un grand coup de volant pour éviter les deux silhouettes clopinantes qui en quelques fractions de secondes s‘étaient précisées à leurs yeux.
C’était Trevor, ainsi que Stanislas, tout deux dans un sale état au vu du sang coagulé dans leur vêtements et fourrure.
Pistolet pour le capitaine et kalachnikov sans crosse pour le russe en main, ils se dirigent vers eux avec difficulté. Stan se hisse péniblement à bord du camion de Spencer et se vautre sur le siège passager, pressant ces sanglantes blessures, un filet cramoisi descendant de son front


-Barrez vous! leur gueule Trevor Ils arrivent! Cassez vous avec l’essence, la commu en a besoin! Je les tiens! J’ai une femme qui m’attend en enfer.
Son exclamation est interrompue par l’apparition d’une vague silhouette dans la direction dont ils venaient, chancelante et pourtant ferme dans son geste. Bras lancé vers l’avant, doigt assuré, gâchette pressée.
Une balle traverse le pare-brise du camion citerne voisin, frappant l’enrhumé en pleine poitrine et faisant de ce tarmac son éternelle cercueil. La riposte de Trevor est aussi stupéfiante que le corps ravagé qui vient s’abattre sur le bitume suite au tonnerre de poudre déchaîné par le capitaine; avant d’être suivi au sol par l’homme alors que de nouveaux tirs retentissaient.

 

Faisant crisser les roues et hurler le moteur, Spencer applique un virage au camion citerne et s’enfuit sans demander son reste tandis qu’un projectile vient éclater le rétroviseur
-Bordel mais c’était Yke! Pourquoi il nous tire dessus?! C’était quoi cette merde noire sur lui? Putain mais quel fiasco!
Dépassant en trombe le véhicule par lequel ils étaient arrivés, provoquant quelques secousses et faisant gémir le blessé à bord; ils continuèrent sur la route jusqu’à mettre une saine distance entre eux et la piste d’atterrissage.
Il se tourne vers Stanislas et commence à l’examiner pour voir ce qu’il pouvait faire

-Mais vous êtes tombés sur qui?! Qu’est ce que vous avez foutu?!
Crachant un peu de sang, le russe lui répond en toussant dans son accent à couper au couteau
-Les précédentes expéditions. tousse tousse Tous comme Yke. A moité déchiquetés et… il se penche par la fenêtre du véhicule et vomit une gerbe écarlate Mélasse noire sur eux.

Une erreur monumentale que cette mission se disait Spencer. La moitié de l’essence prévue, ils n’avaient même pas pu approcher des radios de la tour de contrôle, l’équipe décimée...
-FAIT CHIER!
Alors que le volant venant de subir la fureur de ces poings, le russe pose une main voulue rassurante mais un peu trop rougeâtre pour avoir l’effet escompté sur son bras
-Calme camarade. Ça aurait pu être pire. Au moins j’ai tenu ma promesse.

-De quoi? Arrête tes conneries, t’es en train de canner, les autres y sont restés; putain quelle journée de merde…

 

Avachis contre le tableau de bord, la tête entre les bras croisés, il commençait enfin à se calmer.
Il était peut être en train de parler avec un presque-mort, il avait raison; ça aurait pu être pire. Lui, le pipi-au-lit, seul survivant du groupe; même lui n’aurai pas parié un centime là dessus.
Mais...quelque chose n’allais pas...quelque chose sur lequel son cerveau freinait, butait, un détail…il avait pas un accent Stanislas?
Alors qu’il relevait la tête vers son compagnon, il remarqua deux choses.
La première, Stanislas avait retiré son épais chapeau révélant l’arrière de son crâne, percé de deux impacts de balles lui en ayant arraché une bonne partie et exposant sa matière grise.
Grise? Pas totalement. Des replis de sa cervelle commençait à émerger le bitume noir, bullant paresseusement et coulant désormais sur son visage tiraillé par un sourire dément.
La deuxième chose, c’est le reflet de son compagnon dans le rétroviseur survivant. Ce n’était pas le sien.
Alors d’une voix roque qu’il connaissait beaucoup trop bien, Stanislas se penche vers lui et lui murmure

- «Je t’avais dit que je te retrouverai»

J'ai oublié de dire que les résultats seront annoncés dimanche ou lundi prochain smiley